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Accompagnement personnel

 

LIFE COACHING

COACHING DE VIE

COACHING EXISTENTIEL

 

 

 

 

Vivant et Existant

"L'existence est rare. Nous sommes constamment, mais nous n'existons que quelquefois, lorsqu'un véritable événement nous transforme."

    Henri Maldiney

 

 

 

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Accompagnement personnel - Life coaching - Coaching de vie

 

Il est aujourd'hui fréquent de lire, ça et là, « coaching de vie »,  « life coaching » ; il est moins courant de rencontrer les termes de « coaching existentiel » ou « accompagnement existentiel ». Et quand bien même nous les rencontrerions, il est encore  plus rare que les différences soient relevées et explicitées.

Si nous entendons « coaching de vie », « life coaching » comme un ensemble de conseils pratiques ou une forme de complicité qui consisterait à nous dire quoi faire, pourquoi le faire et comment le faire, il est certain que nous sommes dans le vrai, ou du moins dans ce qui se fait, et ce faisant cependant,  nous tournons une première fois  le dos à la dimension  existentielle  du coaching ou de l'accompagnement personnel. 

Il y a une différence fondamentale entre « être en vie » et « exister » ; c'est-à-dire une différence qui « fait fond »,  à partir du langage, dans le rapport que l'homme entretient avec le monde. Un être humain n'existe pas de la même façon qu'une table existe, et pourtant nous disons des deux qu'ils existent, ou plutôt, qu'ils sont. C'est précisément cette différence qui éclate au grand jour, dans les situations d'enfermement, d'internement, de « logique des camps » pour reprendre le mot du psychiatre et psychanalyste français Jean Oury.

 

Vivant - Existant - Evènement

 

Etre en vie, c'est -naturellement- être vivant. C'est-à-dire avoir des interactions avec son environnement, au sens écologique, biologique et humain du terme, influer sur lui et être influé par lui. Mais, c'est aussi, d'une certaine façon, être posé là, « comme un oiseau sur la branche », oiseau qui -lui aussi- agit sur son environnement et est agi par lui.

Exister, nous dit le philosophe Henri Maldiney, est rare. L'événement, ou pour être plus fidèle à la citation « l'évènement véritable », est moteur de l'existence, en ce sens que, notre existence* (voir existentialisme) est mue, mise en mouvement, par une transformation opérante. C'est  parce qu'il y a transformation qu'il y a mouvement et non plus fixité, immobilité.

Lorsque nous existons, nous arborons donc une caractéristique étrange propre au « mobilier », c'est-à-dire les objets que l'on peut déplacer.

En quoi un évènement véritable peut-il être moteur d'une existence ?

Il retentit suffisamment fort pour rompre l'immobile désinvolture de la quotidienneté, la «  routine », de sorte que les construits mentaux, les habitudes, les repères, soient, de nouveau, soumis à la question, au doute, à l'angoisse*, tout en inaugurant un rapport au monde à neuf. 

Voici un témoignage du philosophe Michel Onfray sur son expérience, enfant, à l'orphelinat de Giel:

« L'histoire de l'être s'écrit là, avec cette encre existentielle et cette chair qui se dérobe, ce corps qui enregistre animalement la solitude, l'abandon, l'isolement, la fin du monde. Arraché aux habitudes, aux rituels, aux visages connus, aux lieux intimes, je me retrouve seul dans l'univers, expérimentant l'infini pascalien et le vertige qui s'ensuit ». in La puissance d'exister - Manifeste hédoniste, Michel Onfray, Editions Grasset - Biblio essais, n°4420, 2006. p.25

Il y a bien, dans la dimension existentielle de l'existence humaine, une idée de déménagement / réaménagement. 

Qu'avons-nous ressenti lors d'une séparation, un deuil, un affrontement, ou dans un registre moins grave, un oubli, une découverte, une rencontre ? Qu'avons-nous ressenti face à l'inattendu, l'imprévisible, la peur ou la joie extrêmes ?

L'homme vivant  simplement  (ce qui n'est pas à prendre de manière péjorative), c'est-à-dire l'homme faisant le choix d'un rapport au monde  conforme à une unique et principale attente,  formé d'un seul élément, par exemple « ce qui est important c'est la santé »,  n'est pas l'  « homme existant » (ce qui n'est pas à prendre de manière idéalisée) remettant profondément en question son confort, sa simplicité, ses acquis et se laissant saisir par la vie (véritable évènement) en lieu et place de la vivre.

 

L'enjeu de l'existence humaine.

 

Que serait alors l'enjeu d'une existence humaine et l'enjeu d'un accompagnement qui se proposerait d'être existentiel (par essence) ?

Si l'on se réfère à l'analytique existentiale* du philosophe allemand Martin Heidegger (1889-1976), un des enjeux majeurs de l'existence humaine consiste dans le fait que l'homme a  à « avoir à être ». Il a (l'homme) à être ses possibilités d'être, de sorte que, son essence réside dans son « avoir à être » le lieu de ses possibilités ( Daseinen allemand), c'est-à-dire, son existence.

Ayant ainsi cette possibilité de choix, car l'être humain est possibilités et choix, l'essence de l'homme réside -dans et par- son existence au regard de sa finitude car il est le seul être qui -en conscience- peut mourir.

Pouvoir* (définition substantialiste) au sens d'avoir en lui la possibilité de penser sa fin.

Paradoxalement, c'est cette même possibilité de penser sa fin qui peut lui permettre de penser son existence, ses choix, sa vie.

"(...) l'homme a un monde et il est dans le monde, tandis que la flore et la faune ne sont que haubanés dans les environnements qui les entourent respectivement." in Règles pour le parc humain - Une lettre en réponse à la Lettre sur l'humanisme de Heidegger, Peter Sloterdijk, Editions Mille et une nuits, n°262, 2000. p.24

« (...) l'homme a un monde et il est dans le monde ... », le monde n'est pas simplement une « totalité de choses » pour l'homme, à disposition, posée là.  Comme le dit très explicitement le philosophe Gérard Guest,  le monde est « structure de renvoi de chose à chose, d'ouverture en ouverture, de possibilité en possibilité. »

Comment alors penser un accompagnement ou coaching existentiel sans basculer dans la tentation biologique du coaching de vie,  c'est-à-dire : le coach aimant, maternant, nourricier, assistant à grand renfort  de conseils et autres répétitions ou suggestions ?

Si le monde est « « structure de renvoi de chose à chose... », c'est qu'il est peut-être question d'au moins deux aspects, ou deux faces, d'une même réalité.

Le mât d'un voilier est lui-même assujetti  aux vergues et aux haubans afin de contenir le vent dans les voiles et permettre le mouvement. L'ensemble formant une embarcation pouvant naviguer.

 

Ajointement - Structure - Existence

 

L'abord structurel : les modes de relation entre coach et coaché, les modalités d'être, les manières propres à chacun de structurer, ajointer, sa relation à l'autre. Je ne parle pas ici de techniques de communication ou de modes comportementaux appris « chemin faisant » à des fins -comme c'est souvent le cas- de maîtrise, ou d'ajointement à l'autre par la maîtrise de l'un sur l'autre. Ces types de conditionnement de soi, et de tentative de conditionnement de l'autre, sont parties prenantes de la dimension relationnelle mais n'en sont cependant pas le fond structurel.

L'abord structurel inclut  toutes les variantes de l'« ajointement » à l'autre, y compris ces formes les plus étonnantes ou spectaculaires. Telle personne se lève dès le début de la séance de coaching et se met à faire les cent pas dans la pièce, telle autre se pétrifie dès les premiers mots prononcés.

J'ai eu  une cliente qui alternait un débit verbal dont la densité et la rapidité ne me permettaient de comprendre que très peu de choses, avec des instants ou le regard devenait menaçant, sombre, se posait sur une partie de mon visage et n'en bougeait plus pendant plusieurs secondes.

Il ne s'agit pas ici de diagnostiquer ni de s'occuper de la dimension vésanique, nous ne sommes pas dans la thérapie ; mais bien de « prendre en compte » cette manière d'être, cette manière d'être avec l'autre, et, parfois, lorsque cela s'impose, d'orienter...

C'est cette « prise en compte », sans adjonction,  cette réception pleine, qui est un temps dans lequel la présence du coach doit être transpassibilité* (Henri Maldiney), c'est-à-dire « réceptivité », « attente sans enjeu », « disponibilité primordiale ».

 C'est dans cette disposition fondatrice, structurelle de la relation à l'autre et à soi, qu'un accompagnement, c'est-à-dire un « côte à côte », peut être le lieu d'une remise en « mains propres » des clés d'un changement, d'une transformation ou d‘un déplacement possibles.

L'abord existentiel : L'homme (ici le coaché) à a avoir à être (ou n'être pas) ses possibilités, tout comme son coach. Il pourra (ou ne pourra pas), de part cette disposition relationnelle fondatrice, ouvrir les possibilités de son existence.

Que sont les possibilités de son existence ? Nul ne le sait, c'est la condition même de la liberté sienne qui lui est remise.

La grande difficulté consiste dans le fait même que toutes ces possibilités (en devenir) ne déclineront leur identité qu'à partir du passage, le « jeté » en elles, s'arrachant ainsi de la dimension simplement vivante ou ontique*.  

L'homme pourra alors peut-être investir la dimension existentiale ou ontologique* au travers de l'angoisse, de la peur et de l'incertitude qui en sont des modalités propres.

 

Proverbe taoïste 

" Tu cherches à passer par la porte, or il n'y a pas de porte. Mais tu ne le sais que quand tu as passé la porte".

 

 

Auteur : Norbert MACIA

 

 

 

* Lexique des sciences humaines et sociales

http://www.apacse.org/coach,lexique---sciences-humaines,lexique,106,39.html