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Découvrir, comprendre, comment se former au coaching ou à l'accompagnement professionnel.
Le coaching est mise en perspective efficiente de la problématique présente en vue d'une interprétation pertinente et ouverture sur une perception et compréhension nouvelles susceptibles de mettre en mouvement une personne à un instant "T" de sa vie.
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Comprendre l'accompagnement professionnel ou coaching.
Chaque personne peut s'appréhender comme une organisation, une association de "structures de significations", mais aussi une existence dont l'exploration et l'ouverture correspondants à une "manière d'être-au-monde", sont un des enjeux du coaching professionnel.
Cette "organisation structurée" de relations significatives, qu'est l'Homme, possède sa propre logique interne (ou constantes structurales), et porte en elle, plusieurs sens (ou inclinaisons existentielles) qui donnent à voir quelque chose d'elle même et qu'il s'agit d'appréhender pour en comprendre la signification.
Les constantes structurales dessinent donc une immanence (ou une permanence) des choses et des êtres, et s'opposent ou se disposent en fonction des inclinaisons existentielles (ou directions) qui elles tendent vers la réalisation de ce qui n'est pas encore atteint.
Un coaching professionnel consiste donc en un accompagnement à partir des "structures de significations" présentent, c'est-à-dire ce qui fait sens pour une personne, en termes d'effectivités et de possibilités.
"Ce qui fait sens" se perçoit dans un mouvement de retrait de la part du coach, qui permet au coaché de s'exposer (se mettre en avant) dans un espace qui lui est -pour le coup- offert.
Ce premier mouvement a pour but de contribuer à créer une relation de confiance entre coach et coaché, sans quoi tout coaching n'est que coaching du superficiel et tout questionnement n'est que questionnement sans profondeur.
"Retrait" est donc synonyme d' "accueil" dans le cas présent.
Si le coaching professionnel devait être défini comme un art, ce serait -sans doute- un art de la relation ou un art du questionnement, mais aussi et avant tout un art de l'accueil sans quoi toute relation de confiance n'est possible.

Dans l'exercice ci-dessus, proposé dans le cadre d'un stage de développement personnel, les participants sont invités à "entrer" dans la proximité de l'autre et y séjourner, simplement. Ainsi peut se concevoir l'accueil de l'autre : dans le "séjour auprès de l'autre".
"La rencontre n'est pas contact, épreuve bilatérale, mais présence de chacun à l'avant de soi à même l'épreuve de la présence de l'autre. Le dévoilement de l'un dans l'accueil de l'autre n'est une révélation pour celui-ci que si dans cette épreuve il s'apparaît à lui même présent : à l'avant de soi." (Henri Maldiney)
Dans un coaching, tout comme dans d'autres pratiques d'accompagnement ou de relation d'aide, il s'agit d'être dans l'accueil de l'autre. Nous sommes tous, au travers d'une "géographie relationnelle" en rapport les uns avec les autres, et le monde, dans une certaine disposition d'être. Mais à quels moments sommes-nous authentiquement dans une disposition d'être à soi et à l'autre ? Lorsque nous sommes préssés ? Lorsque nous savons mieux que l'autre ? Lorsque nous savons pour l'autre ?
Notre disposition d'être s'accorde également ou se désaccorde aux sons des discours, au gré des comportements, des présences, mais aussi à notre capacité d'être affecté par le temps vécu, les ambiances, le désir de faire ou ne pas faire, la nature de la relation à l'autre.
Ces actes que nous faisons, ou qui nous font, ne sont pas à diagnostiquer et traiter, comme cela peut se faire dans le cadre d'une approche thérapeutique.
La réflexion ne consiste pas -ici- en l'analyse de symptômes, ni même de syndromes.
Ce qui est montré est simplement à voir, car le "voir" est l'étape préalable et nécessaire au "comprendre", à l'interprétation.
Le "comprendre" n'est donc pas à attendre sur le terrain de l' "expliquer", et réciproquement, bien que ces deux champs se rejoignent en leur limite disruptive tensionnelle.
Il s'agit de voir sans juger ce qui est montré, dans une forme d'accueil, afin de comprendre ce qui est vu. La suspension du jugement (ou notion d' épockê* en phénoménologie) est nécessaire afin d'éviter le "catalogage" de ce qui est montré.Les faits et effets montrés sont à "accueillir", simplement, sans a priori, car ils décrivent à notre encontre un sens : c'est-à-dire un ensemble de significations.
"L'épochê n'est pas une négation, mais un ajournement (une "mise entre parenthèses") qui laisse le monde où il est et abandonne, pour un temps, à leur sort les croyances encore inexplorées et peu explicites qu'engendre la position de sa réalité." in Introduction à la phénoménologie, Jean Toussaint Desanti, Editions Gallimard, Collection Folio/Essais, N°251, 2005, p. 50-51.
"Décrire un ensemble qui est toujours donné primitivement, comme la vie même (...) l'analyse de cette ensemble consistant non pas à chercher ses éléments dans une perspective causaliste, mais à les comprendre par leur contexte et par rapport à l'ensemble". (Wilhem Dilthey).
C'est aussi ce que le psychiatre et psychanalyste français Daniel Lagache nomme "inversion descriptive" et qui consiste à décrire le vécu sans y substituer de mécanisme explicatif.
Le contexte n'est pas la "structure" de compréhension recherchée mais s'apparente bien plus à un "cadre" dans lequel une "structure de significations" évolue.
Ce qui est alors discerné fait naturellement encontre . "Encontre" doit s'entendre ici comme "opposition" ou encore "disposition" (au sens de s'imposer de telle ou telle manière).
Ce qui signifie que l'identification du sens ou des enjeux d'une problématique structurelle, vient plus naturellement s'ériger entre les personnes plutôt que "faire consensus".
Cette opposition ou disposition est l'étape préliminaire à toute possibilité de rencontre car elle pose la base relationnelle du "questionner".
"Rencontre" doit alors se comprendre ici comme "révélation" ou "signification".
Il est rare d'être dans une authenticité ou une compréhension réciproque dès les premiers temps d'un échange, car nous sommes "naturellement" inauthentiques (entendons par là "construits", "conditionnés"...) et aimons, de ce fait, ne pas remettre en question nos structures et nos acquis.
Il est donc nécessaire de questionner ce qui fait encontre dans un coaching, ce qui fait structure, afin d'ouvrir les possibilités existentielles qu'offre une relation authentique dans le partage d'un sens compris par les différentes parties.
Un coaching professionnel se fonde sur un "questionner" ouvert de ce qui fait encontre.
Dans un coaching il est donc question de tout ce qui fait encontre entre une ou plusieurs personnes, au travers des rapports que celles-ci entretiennent avec leur être-ensemble ("mitsein" Heideggérien).
Si l'Homme est un "être-ensemble" capable d'exister authentiquement en dépassant l'inauthenticité dans les relations inter-humaines, il doit en premier lieu être sensible à tout ce qui s'oppose à l'authenticité relationnelle afin de pouvoir transcender l'inauthentique en authentique.
Ce passage de l'inauthentique à l'authentique se fait au prix d'un questionnement et d'une mise en perspective comme décalage nécessaire, changement de posture réflexive, dans l'ordre du dialogue, de la praxis, du rapport.
Ce changement de posture ouvre sur le radicalement nouveau : c'est-à-dire l'apparition d'une compréhension nouvelle. "Le réel est toujours ce qu'on attendait pas", nous dit Henri Maldiney.
Ce qui n'est pas montré ou perçu sous un certain angle peut être vu et appréhendé sous un autre. Simple question de logique... et pourtant, pas si simple en termes de changement dans les mentalités.
Que dirions-nous, le plus naturellement du monde, le matin en nous réveillant et en regardant l'aube naissante : "Nous nous sommes levés" ou bien "Le soleil s'est levé" ?
Ainsi le fait remarquer l'astrophysicien Michel Cassé : c'est bien la Terre, qui depuis Galilée, n'est plus un point fixe autour duquel tourne le Soleil et pourtant nous continuons bien, dans le langage courant, à prétendre que "le soleil se lève".
Dans un coaching existentiel, la dimension de l'existence, transcendantale ou de dépassement des construits mentaux, est à penser à partir de la dimension structurelle, immanente ou délimitante de soi.
Tout "projet de soi" ne peut donc se penser sans les soubassements à partir desquels nous pouvons nous déployer afin de prendre de la hauteur par rapport à notre propre manière d'être et de penser.
Tout "projet de soi", ou tout projet au sens plus large, est dévoilement par un changement de perspective et mise en lumière d'une part cachée de nous-même ou de notre rapport aux autres. Mais, tout dévoilement est aussi "construit" en devenir qu'il s'agira d'interroger le cas échéant.
Ainsi en est-il de la nature humaine de ne pas aller spontanément "de l'avant" ou "au devant de" car cela requiert un effort, un engagement.
Ceci n'est certainement pas sans lien avec une certaine crainte de l'inconnu que tout changement mobilise à des degrés d'intensité divers au travers de l'angoisse, du "souci d'avoir à être".
Nous retrouvons ici la dialectique Heidegerienne de l'être et de l'étant dans laquelle le Dasein (l'être-homme seul capable de se penser comme tel) est "projet", "lieu" du dépassement de soi ou du dépassement à partir de soi, au travers de sa disposition d'être singulier vis à vis de l'Ouvert.
Le coaching est, avant tout, dévoilement et mise en lumière de la demande réelle.
Auteur : Norbert MACIA