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Découvrir, comprendre, comment se former au coaching ou à l'accompagnement professionnel.
"(...) le coaching se révèle aujourd'hui comme un lieu majeur de refondation du sens en entreprise, et du rapport à autrui en général. " F.Bournois, T.Chavel, A.Filleron, Le Grand livre du Coaching, Editions d'Organisation, 2008, p.11.
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Découvrir l'accompagnement professionnel ou coaching.
"Refonder du sens", c'est bien fonder de nouveau à partir d'un existant.
L'existant principalement intéressé ici par le questionnement est l'Homme. Qu'il soit en situation professionnelle, pris dans une relation personnelle ou simplement compris dans son rapport aux choses, aux autres hommes et au monde; il n'en demeure pas moins le seul être capable de s'intérroger comme tel.
Un accompagnement ou un coaching qui envisage la personne dans sa globalité.
Tout aspect personnel ne pouvant être, en ce sens, dissocié de son abord professionnel et réciproquement, dans la mesure ou chaque personne se structure dans et par les différentes dimensions de l'existence humaine.
Chaque acteur d'un projet professionnel s'engage tout autant dans la dimension professionnelle que personnelle, mais n'éprouve généralement pas le même niveau de conscience des deux dimensions.
Dans une approche professionnelle du coaching, l'alternative "ou" (coaching professionnel ou coaching personnel) cède donc la place à la coordination "et" (coaching personnel et professionnel) afin de réinvestir pleinement les potentialités et dimensions du questionnement humain.
Dois-je réussir dans la vie pour réussir ma vie ou l'inverse ? Mais au fait, qu'est-ce que réussir sa vie ? Qu'est-ce qu'être heureux ?
Il s'agit donc de questionner, comme "possibilité" de découvrir et comprendre l'Homme dans et au travers de sa propre demande de coaching.
D'un côté ce qui "est" (en l'état), d'un autre côté ce qui "est" (en devenir).
Cette approche philosophique de l'accompagnement professionnel ou coaching , se fonde sur les philosophies suivantes :
L'existentialisme*
La phénoménologie*
La posture phénoménologique est envisagée, dans cette perspective, à partir de l'intelligence pathique du coach, c'est-à-dire sa capacité à être affecté, touché, pendant la séance de coaching, au travers des dispositions de présence, d'écoute, et d'intervention (communiquer, entrer en relation...) de l'un et de l'autre (coach et coaché(e)).
Cet "être-ensemble" suppose, de la part du coach :
1) Une pratique du retrait (ou posture basse) qui se traduit par une invitation à partager un espace commun de travail aménagé à cet effet. Pour parler en termes de développement personnel, nous ne sommes pas -à ce moment là- « solaire » mais « lunaire » ou bien « réceptif ».
Ce retrait ne doit cependant pas être confondu avec de l'attentisme, tout comme « réceptif » ne veut pas dire « passif ». Il n'y a rien à attendre car tout est déjà là, présent, sous nos yeux.
Il ne s'agit donc pas d'être passif mais bien réceptif à ce qui peut se présenter à nous, face à nous, mais aussi à nous, en nous.
2) Une suspension du jugement (notion d'épockê * en phénoménologie) afin de ne pas rajouter à la complexité de l'exercice par des jugements hâtifs, des projections nous concernant en premier chef, des parasitages inutiles et multiples.
« Les mortels voient briller les choses ; selon les éclats, ils ont des opinions ; parce que, ce brillant, ce sont des semblances, des apparences ; et, à partir de ces apparences, on peut construire, ou pas, des phénomènes. Parce qu'on est dans la lumière, tout brille, et parce que tout brille, je peux me faire une idée de ceci, de cela. » Pierre Jacerme, Introduction à la philosophie occidentale, Editions Pocket Agora, 2008, p.59
Il s'agit donc de ne pas se laisser distraire par ce qui brille, d'une manière ou d'une autre, d'un côté comme de l'autre. Tâche plus que difficile pour nous autres humains qui sommes, ici bas, nourris au spectaculaire-ambiant.
3) Une tentative d'interprétation herméneutique* des effets produits dans le cadre de la séance de coaching.
La présence et l'acceuil sont aussi ce qui peut permettre à l'autre (le coaché) de formuler au mieux sa demande. A ce stade du travail, tout est en "devenir", or, ce qui relève du "devenir" relève aussi du champ des possibilités ouvertes par la relation elle-même, possibilités qui pourront se faire jour, en fonction du climat de confiance et de sécurité instauré entre coach et coaché.
Le Coaching est-il un art de la relation ?
Ce dont le philosophe Henri Maldiney nous parle en termes de "présence", doit être entendu comme "présence humaine", c'est-à-dire l'irremplaçable humanitude que l'on ne fait pourtant que renier, manipuler ou brusquer lorsque celle-ci n'est appréhendée qu'en termes utilitaristes de "résultats", "objectifs", "performance".
En effet, que serait donc un peintre ou un sculpteur sans ses connaissances techniques, certes, sans sa volonté d'aboutir à un résultat et de s'en donner les moyens, certes, mais aussi et surtout sans sa capacité à créer, dévoiler, ouvrir et questionner sa relation à l'œuvre d'art ?
Sommes-nous disposés à faire du coaching un art de la relation et non pas une entreprise de production de résultats ou, pour paraphraser le docteur Ado Huygens professeur et intervenant à la formation D.E.S.U Coaching d'Aix-en-Provence, comprendre que, tout comme dans l'art, il y a des différences entre "œuvre d'art qui ouvre un monde à partir d'elle-même et production artistique qui n'en ouvre pas" ?
Les problématiques relationnelles, celles qui jalonnent et minent parfois les relations interpersonnelles rejaillissent lorsque les fondements sur lesquels repose notre relation aux autres (concurrents, partenaires, prestataires, personnes...) vacillent, ou lorsque la relation, elle-même, est tronquée.
Ces problématiques ne relèvent pas, à mon sens, d'un coaching de "production" ou de "séduction" mais bien d'un coaching du dévoilement de la demande.
Que demandons-nous réellement (au fond) lorsque nous demandons ?
Comment, par exemple, penser le rapport entre "vie professionnelle" et "vie personnelle" et de quelle nature est ce rapport ?
Je suis convaincu qu'une certaine manière d'être un coach et de faire du coaching peut être beaucoup plus qu'un simple avatar du consumérisme utilitariste. Encore faudrait-il vouloir s'affranchir de ce que le philosophe allemand Edmond Husserl appelait "ce manteau d'idées qui recouvre le monde", pour pouvoir toucher le réel.
Auteur : Norbert MACIA
Pour lire la suite de l'article :
http://www.apacse.org/coach,comprendre-le-coaching,accompagner-en-coaching,49,17.html
* Lexique des sciences humaines et sociales
http://www.apacse.org/coach,lexique---sciences-humaines,lexique,106,39.html